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L’épargne, un levier de développement au service des générations futures.


Politiques publiques | Les territoires et les entreprises

1 – L’épargne des Français : un potentiel d’investissement qui reste sous-exploité

L’épargne des Français a atteint ces dernières années des montants colossaux : 6 000 milliards d’euros, soit le double de la dette, et plus de deux fois la capitalisation boursière du CAC 40 ! En 2023, les Français épargnaient 17,5% de leur revenu disponible. C’est 1,4 fois le taux d’épargne moyen des ménages européens. Et la tendance semble bien loin de s’essouffler, avec un flux d’épargne qui augmente de 8% par an depuis 2017…

Pourtant, une grande partie de cette épargne ne finance pas directement l’économie européenne. Premier phénomène observé : environ la moitié du patrimoine financier de notre pays est aujourd’hui dirigée vers des produits de liquidité – compte courant, dépôt à vue ou à terme, ou encore épargne réglementée. C’est une mauvaise nouvelle à double titre : pour les épargnants, qui bénéficient de rendements faibles, souvent inférieurs à l’inflation, et pour le tissu économique français, qui n’a pas accès à ces capitaux pour financer son développement. Deuxième phénomène : lorsque les épargnants européens investissent dans l’économie réelle, notamment à travers l’achat d’actions, ce ne sont pas toujours les entreprises françaises ou européennes qui bénéficient de ces capitaux, mais bien souvent… l’économie américaine, qui absorbe chaque année environ 300 milliards d’épargne européenne. En cause : un manque d’attractivité du marché des capitaux européen, mais aussi une forme de frilosité de la part des épargnants européens, qui traduit une vision inquiète de l’avenir : ceux qui peuvent épargner épargnent beaucoup, sans prendre de risque, et surtout pas en Europe.

L’enjeu est donc de recréer de la confiance, pour mieux flécher l’épargne : il s’agit à la fois d’obtenir un meilleur rendement pour les épargnants, et de faire en sorte que l’épargne soit investie dans des projets utiles à la société et l’économie européennes, pour aujourd’hui et pour demain.

2 – Une priorité : le financement de grands projets à l’échelle européenne

Aujourd’hui, l’Europe fait face à plusieurs urgences : financer la transition écologique et assurer le développement de ses industries stratégiques (Infrastructures, énergie, mobilités, …) car les besoins sont immenses. En matière de décarbonation, France Stratégie estime ainsi à 66 milliards d’euros annuels les financements nécessaires pour amorcer une réelle transition écologique au cours de ces prochaines années.

L’épargne a un rôle majeur à jouer dans le financement de ces enjeux collectifs. Les Européens sont d’ailleurs prêts à se mobiliser : 50% des Français ayant entendu parler des offres ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) de leur banque se déclarent prêts à y souscrire, et 20% l’ont déjà fait, selon l’étude Bain sur le comportement des clients dans les banques de détail.

Mais si l’épargne constitue une formidable opportunité, elle ne pourra jouer pleinement son rôle qu’à condition d’être pensée à l’échelle européenne, et non pays par pays comme c’est encore largement le cas aujourd’hui. Il est donc indispensable d’avancer vers une union de l’épargne et des investissements, impulsée au plus haut niveau. Nos économies sont interdépendantes, et le succès ne pourra être que collectif.

3 – Le rôle clé des conseillers bancaires dans la construction d’une épargne tournée vers l’avenir

Dans un contexte économique marqué par l’inflation et la hausse des taux, le thème de l’épargne est devenu plus prégnant que jamais pour les Français qui attendent d’être conseillés, rassurés et guidés dans leurs placements financiers – 60% des clients dits Affluent (i.e. ayant revenus supérieurs à 80K€ par an) déclarent souhaiter être conseillés par leur banque sur le sujet de l’épargne, selon l’étude de Bain en 2024.

Les institutions bancaires ont donc un rôle fondamental à jouer pour favoriser les investissements stratégiques et responsables, d’autant qu’elles bénéficient toujours d’un très haut niveau de confiance de la part de leurs clients. La satisfaction des Français vis-à-vis des banques de détails atteint en effet son plus haut niveau depuis 10 ans, et le conseiller demeure le pivot, le gardien de la relation bancaire (plus de 9 clients sur 10 déclarent être satisfaits des entretiens approfondis dont ils bénéficient avec leur conseiller). Cette importance de l’accompagnement personnalisé est un élément fondamental de la résistance des banques traditionnelles face à la concurrence des nouveaux acteurs.

L’objectif est donc, pour les conseillers bancaires, de capitaliser sur cette confiance pour initier avec leurs clients un dialogue plus récurrent et systématique sur le placement de l’épargne, et de contribuer ainsi à faire fructifier l’épargne au service de tous.