Partage de la valeur : l'inclusion économique passe par des choix institutionnels
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L’expérience brésilienne offre un contrepoint pertinent à ce point de vue.Dans un pays marqué par des inégalités historiques et d’importantes disparités régionales, il est apparu clairement que la réduction durable de la pauvreté exigeait davantage que des transferts isolés. Elle nécessite une infrastructure économique capable de relier à grande échelle les politiques publiques, le marché et les individus.
La CAIXA, une institution à la croisée du public et du privé
C’est là que les institutions jouent un rôle essentiel. Et, au Brésil, la CAIXA occupe une place à part dans ce contexte. Non seulement parce qu’elle est l’une des plus grandes banques de détail, mais aussi parce qu’elle agit simultanément en tant qu’institution financière proposant une gamme complète de produits, allant du microcrédit productif au crédit immobilier domaine dans lequel elle est leader du secteur avec 67,7 % de parts de marché , tout en étant le principal acteur des politiques publiques du gouvernement et en servant de plateforme pour l’inclusion financière et économique. Cette combinaison s’avère décisive lorsque l’objectif est de transformer les droits en accès réel.
Le versement d’aides à des millions de Brésiliens n’est pas seulement une réponse d’urgence du gouvernement à des situations spécifiques, mais la démonstration que la recherche de l’inclusion par le biais de politiques publiques et d’institutions dotées d’une capacité opérationnelle, d’une présence territoriale et d’une intégration numérique constitue une condition préalable à toute stratégie de protection sociale à grande échelle.
De l’accès bancaire à l’autonomie économique
Disposer d’un compte bancaire est nécessaire, mais insuffisant. Le véritable tournant se produit lorsque l’accès se transforme en capacité économique : lorsque les personnes commencent à épargner, à investir, à créer leur entreprise et à se constituer un patrimoine.
C’est là que le microcrédit productif joue un rôle central, mais aussi controversé. Souvent, l’octroi de crédit aux plus vulnérables est synonyme d’endettement, mais l’expérience brésilienne montre que le problème ne réside pas dans le crédit lui-même, mais dans son objectif, son adéquation et son intégration aux politiques publiques. Lorsqu’il est orienté vers la création de revenus, accompagné et intégré dans les filières de production locales, il cesse d’être une forme d’assistanat financier pour devenir un instrument d’autonomie économique.
Au sein de la CAIXA, le microcrédit s’adresse aux entrepreneurs urbains et ruraux, contribuant ainsi à l’expansion de la capacité de production, à la création d’emplois et à la génération de revenus dans le pays. En accordant des prêts à des taux d’intérêt abordables, la CAIXA a atteint un encours de 1,0 milliard de reais dans ce segment en 2025, au bénéfice de 40 000 personnes et 3 000 entreprises.
Des politiques interdépendantes pour une croissance inclusive
Nous ne pouvons pas dissocier ces dimensions. Les transferts de revenus, l’inclusion financière, le crédit productif et l’accès au logement ne sont pas en concurrence les uns avec les autres. Ils sont interdépendants. Lorsqu’ils sont coordonnés, ils renforcent l’efficacité des politiques publiques et réduisent la nécessité d’interventions permanentes.
Ce dispositif exige quelque chose que ni le marché ni l’État, pris isolément, ne peuvent offrir : une envergure suffisante, une continuité et une présence sur le terrain. Les institutions disposant d’un réseau national cessent d’être de simples intermédiaires financiers et agissent désormais comme une infrastructure économique, reliant les personnes, les territoires et les opportunités.
En ce sens, le partage de la valeur ne se limite pas à la redistribution des résultats, mais vise à réduire les barrières à l’entrée. Il ne s’agit pas de choisir entre efficacité et inclusion, mais de reconnaître que les économies plus inclusives sont, à moyen et long terme, plus stables et plus productives.
Conclusion : le partage de la valeur, un choix institutionnel
L’expérience brésilienne montre que, sans institutions capables de mettre en œuvre des politiques publiques à grande échelle, la promesse d’une croissance inclusive risque de rester pure rhétorique.
Le partage de la valeur est un choix institutionnel et stratégique qui se concrétise par le renforcement des capacités, la réduction des obstacles et l’intégration de millions de personnes dans la dynamique économique. Ce programme ne peut se pérenniser que lorsque l’intention se transforme en politique publique, que la présence se traduit par l’accès et que l’action génère un impact réel.
C’est à ce stade que la CAIXA assume et exerce son rôle historique : transformer les choix en opportunités, les politiques en citoyenneté et le développement en résultats concrets au quotidien, concrétisant ainsi sa mission qui consiste à transformer la vie des gens.



