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Le Premier ministre du Groenland affirme que Donald Trump a renoncé à son idée d'annexer son pays


Géopolitique & relations internationales

Plus jeune chef de gouvernement de l’histoire du Groenland, Jens-Frederik Nielsen était l’un des invités exceptionnels de la journée de vendredi. Il est intervenu sur le thème « Un monde, plusieurs visions : qui impose la sienne ? », au côté notamment de Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères.

Lors de la table ronde, le Premier ministre a affirmé que Donald Trump avait renoncé à annexer son pays : « Il y a trois jours, l’envoyé spécial des États-Unis au Groenland nous a dit que Donald Trump avait renoncé à cette idée. Mais la pression est toujours là.« 

Lors d’une conférence de presse, en marge de son intervention, Jens-Frederik Nielsen a ajouté qu’aucun accord n’avait par ailleurs été signé entre le président américain et l’OTAN ; le 21 janvier, lors du Forum économique mondial à Davos, le président américain avait affirmé avoir conclu le « cadre d’un futur accord » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, concernant le Groenland et la sécurité dans l’Arctique. « Les accords relatifs au Groenland seront discutés au Groenland et par le peuple groenlandais, a affirmé Le Premier ministre à ce sujet. Mais nous disposons d’un groupe de travail de haut niveau au sein duquel nous dialoguons directement, et ce groupe de travail est à l’œuvre. Ses membres ont tenu de nombreuses réunions pour tenter de trouver une solution. Mais nous n’en voyons pas encore la fin. Nous avons besoin de temps pour discuter.« 

Face à l’intérêt croissant des puissances mondiales pour sa position stratégique, le Groenland réaffirme sa volonté de travailler avec des partenaires qui partagent ses valeurs, telles que la démocratie, le respect du droit international et de la souveraineté nationale. « La clé, ce sont les alliances, a déclaré le Premier ministre. C’est l’ordre mondial tel que nous le connaissons depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi, au Groenland, nous avons été très clairs dès le début. Nous avons choisi l’OTAN. Nous avons choisi l’Union européenne. Parce que nous avons choisi ces valeurs. Nous vivons dans une région très stratégique. Nous sommes un pays immense, qui compte 57 000 habitants. Nous serons donc toujours tributaires de partenariats et d’alliances solides. Et c’est à cela que nous sommes prêts à nous engager, à condition que nous puissions nous traiter mutuellement avec respect et dans le respect du droit international.« 

La position du Groenland sur la carte du monde n’est pas son seul atout. Il dispose de ressources stratégiques, notamment des terres rares. Le dirigeant a souligné que son pays peut contribuer à la résilience européenne grâce à ces ressources afin de réduire la dépendance envers la Chine : « Nous souhaitons vraiment contribuer à les utiliser pour soutenir l’ordre mondial tel que nous le connaissons aujourd’hui, pour avoir des partenaires qui partagent les valeurs de la démocratie, pour avoir des partenaires qui nous respectent et qui sont prêts à dialoguer dans l’intérêt de tous. C’est pourquoi j’ai déclaré aujourd’hui que nous pouvions contribuer à réduire la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine en matière de terres rares, par exemple. Mais pour cela, il nous faudra ensuite réduire les risques, puis sécuriser les chaînes d’approvisionnement, du Groenland à l’Europe.« 

Jens-Frederik Nielsen a enfin remercié l’UE, et « particulièrement la France« , pour avoir été un soutien « inébranlable » face aux menaces d’acquisition du territoire. « L’Union européenne continue de nous soutenir et nous travaillons à la mise en place d’un partenariat plus stratégique et plus étroit avec elle, a-t-il indiqué. Cela signifie que nous avons désormais plusieurs projets qu’elle soutient financièrement.«